La Ministre wallonne de l’Agriculture, Anne-Catherine Dalcq, et la Belgique saluent l’intention donnée par le Commissaire européen à l’agriculture, Christophe Hansen, en faveur d’une suspension du régime du perfectionnement actif dans le secteur du sucre.
Cette intention a été exprimée par le Commissaire à l’issue d’une réunion bilatérale sollicitée par la Belgique, puis confirmée publiquement lors du Conseil des ministres européens de l’Agriculture du 26 janvier 2026. Elle fait suite à des demandes répétées portées par la Ministre wallonne de l’Agriculture et la Belgique dès la fin de l’année 2025.
Le régime du perfectionnement actif permet l’importation dans l’Union européenne de sucre de canne sans droits de douane, à condition qu’il soit transformé sur le territoire européen, notamment en sucre blanc ou en produits transformés, et, en principe, réexporté. Initialement conçu pour répondre à des besoins industriels spécifiques, ce mécanisme est aujourd’hui utilisé à une échelle qui perturbe l’équilibre du marché du sucre. Selon les données d’Eurostat, les importations de sucre brut sous ce régime ont atteint 463.000 tonnes lors de la campagne 2023-2024 et 421.000 tonnes sur la période octobre-juillet de la campagne 2024-2025. Elles ont représenté plus de 50 % des importations totales de sucre brut de l’Union européenne en 2023-2024 et plus de 70 % sur la période octobre-juillet 2024-2025, tandis que les importations sous procédure normale ont fortement reculé.
La suspension du régime de perfectionnement actif est une mesure simple et immédiate pour corriger un déséquilibre du marché du sucre. Elle permet d’éviter que des importations de sucre sans droits de douane viennent fragiliser la production européenne, alors même que les producteurs fournissent des efforts pour adapter leur production.
« Je salue la décision annoncée par le Commissaire Christophe Hansen. Le secteur betterave-sucre traverse une période difficile. Les importations augmentent. La consommation baisse. Les prix sont sous pression. Cette situation a déjà conduit certains industriels belges à annoncer une réduction pouvant aller jusqu’à 25 % des surfaces de betteraves pour 2026. La suspension du régime de perfectionnement actif est nécessaire pour éviter des déséquilibres supplémentaires sur le marché. Elle s’inscrit aussi dans une stratégie plus large d’autonomie alimentaire européenne, qui vise à préserver notre capacité à produire, à transformer et à sécuriser notre approvisionnement en sucre sur le long terme. »
L’Union européenne négocie et met en œuvre plusieurs accords de libre-échange. Parmi eux, l’accord avec le Mercosur, s’il est adopté par le Parlement européen, conduira à une hausse des importations agricoles, notamment de sucre, tandis que les effets d’autres accords restent, à ce stade, incertains. Dans ce contexte, il est essentiel que les règles internes de l’Union ne viennent pas accentuer la pression sur des filières déjà fragilisées.