La Ministre de l’Agriculture et de la Ruralité, Anne-Catherine Dalcq, vient de valider l’arrêté ministériel mettant en œuvre l’obligation européenne relative à la protection des sols contre l’érosion (BCAE 5). Cette obligation entrera pleinement en vigueur à partir du 1er janvier 2027.
L’objectif est de limiter l’érosion diffuse des sols agricoles, un phénomène accentué par la multiplication des pluies intenses et des épisodes climatiques extrêmes, tout en préservant durablement la productivité des parcelles.
Les mesures en chantier depuis 2023 ont été simplifiées et revues afin de mieux répondre aux réalités de terrain et d’assurer une mise en œuvre progressive, pragmatique et accompagnée.
Cette nouvelle version marque un changement d’approche. Il ne s’agit pas d’interdire des cultures, mais de définir les conditions dans lesquelles elles peuvent être pratiquées lorsque des risques d’érosion sont mis en évidence. La philosophie est simple : il est possible de continuer à cultiver partout, à condition d’adapter certaines pratiques afin de gérer les risques.
Concertation et taux de carbone
Un important travail de concertation a été mené avec les filières agricoles et les organisations représentatives des agriculteurs. Il a notamment permis de revoir en profondeur la cartographie de l’érosion, de construire une boîte à outils permettant de poursuivre la production sur les parcelles concernées et de mettre en place un dispositif spécifique d’accompagnement.
Ce dispositif permet également de valoriser certains paramètres des sols. En effet, pour les parcelles classées en sensibilité à l’érosion 4, 5 ou 6, l’agriculteur aura la possibilité de faire valoir une analyse de sol, intégrant notamment le taux de carbone. Celle-ci, réalisée par un laboratoire compétent et datant de maximum cinq ans, doit démontrer que le sol atteint les seuils requis pour la région agricole concernée. La teneur minimale en carbone organique est fixée à 1,4 % en région limoneuse, à 1,8 % en Condroz et à 2 % en région herbagère. Pour l’ensemble des régions agricoles, le pH KCl doit être supérieur ou égal à 5,5.
Ces conditions, lorsqu’elles sont respectées, permettent d’abaisser la classe de sensibilité à l’érosion, tout en reflétant plus fidèlement la réalité agronomique des sols et en valorisant les pratiques favorables à leur stabilité et à leur fertilité. Dans un souci de cohérence et de simplification administrative, les analyses de sol réalisées dans le cadre de la mesure MAEC « sols » sont également valorisées. La présentation d’un rapport favorable, figurant dans le bilan initial ou final établi par un laboratoire compétent, permet également de satisfaire à cette exigence.
Qui est concerné ?
La mesure concerne uniquement les exploitations qui remplissent deux conditions cumulatives. Elle s’applique aux agriculteurs qui cultivent des cultures de printemps — telles que le maïs, les pommes de terre, les betteraves, les légumes ou les céréales de printemps — et dont ces cultures sont implantées sur des parcelles sensibles à l’érosion, classées 4, 5 ou 6.
La mesure ne s’applique pas aux prairies permanentes et temporaires, aux céréales et oléagineux d’hiver, ni aux cultures permanentes dont le sol est couvert à au moins 80 %. Elle est également exclue pour les parcelles d’une superficie inférieure à deux hectares.
Des solutions concrètes et un accompagnement renforcé
Lorsque des parcelles sont concernées, plusieurs solutions concrètes sont proposées aux agriculteurs :
- L’adaptation de la géométrie des parcelles ou l’installation des bandes enherbées, haies, … permettant de limiter le risque d’érosion ;
- la réalisation d’une analyse de sol afin de démontrer un taux suffisant de matière organique ;
- un accompagnement personnalisé par les conseillers « sol/érosion » de Natagriwal ;
- une boîte à outils et la mise à disposition d’un guide de bonnes pratiques, inspiré d’expériences éprouvées, notamment dans les différents centres pilotes wallons.
Les Directions extérieures de l’administration restent pleinement mobilisées pour informer et accompagner les agriculteurs, avec la possibilité de prendre rendez-vous pour un suivi individualisé. 180 agents ont été formés spécifiquement pour accompagner les agriculteurs concernés.
Les organisations professionnelles agricoles peuvent également être sollicitées pour toute information complémentaire.
« La BCAE 5 est une obligation européenne. Mon objectif a été clair dès le départ : travailler avec les réalités du terrain et permettre que toutes les parcelles puissent continuer à être cultivées, moyennant des adaptations ciblées lorsque un risque d’érosion est détecté. Avec cette nouvelle mouture de la BCAE 5, la Wallonie fait le choix de solutions de terrain, afin de répondre à une obligation européenne tout en garantissant la continuité des activités agricoles et la lutte contre l’érosion » précise la Ministre de l’Agriculture, Anne-Catherine Dalcq.